ODONATES (libellules)

Généralités et morphologie

Les odonates, plus communément appelés libellules, se reconnaissent à leurs grands yeux composés, à leur corps allongé composé de 10 segments et à leurs 2 paires d’ailes membraneuses généralement transparentes. Elles sont divisées en deux sous-ordres, les Zygoptères, plutôt fines et grêles, et les Anisoptères, plus trapues (voir plus bas pour plus de détails).

La tête est très mobile. Le front porte toujours deux courtes antennes. Les yeux composés sont joints chez les Anisoptères, séparés chez les Zygoptères.

Face libellule

Le thorax est formé par le prothorax et le synthorax. Le premier est très réduit et porte la tête et la première paire de pattes, sa partie supérieure (pronotum) est de forme assez variée selon le sexe et les espèces, surtout chez les Zygoptères ou ces différences sont parfois utilisées pour la reconnaissance de certaines espèces. Le synthorax est beaucoup plus volumineux et porte les quatre ailes et les deux autres paires de pattes. Il est formé par la fusion du méso et métathorax, les cotés et l’avant sont formés de différentes pièces, sutures, colorées de différentes manières, dont les caractéristiques sont utilisées pour la distinction de certaines espèces.

Thoraxl lib

Les pattes des libellules sont dirigées vers l’avant pour la capture et le maintien des proies. Elles ne servent pas au déplacement.

Profil libellule pattes et têtes

L’abdomen est formé de 10 segments. Le premier, très court, est imbriqué dans le synthorax, le second est plus allongé, les 3 à 7 sont les plus longs, les 8 et 9 sont assez courts et le 10e, généralement très réduit, se termine par les appendices anaux. Le second segment est pourvu, chez les mâles de certaines familles d’Anisoptères, par deux oreillettes latérales.

Segment abdominaux anisoptère

Segments libellules zygoptère

Les deux appendices anaux supérieurs sont les cercoïdes dans les deux sous-ordres. Les inférieurs sont soit au nombre de deux chez les Zygoptères, se sont les cerques, soit unique (parfois bifide) chez les Anisoptères, il s’agit alors de la lame supra-anale. Les appendices anaux des femelles sont constitués uniquement des cercoïdes (appendices supérieurs).
L’organe copulateur du mâle est situé sur la face ventrale du second segment abdominal et la base du troisième. Sa vésicule séminale, quant à elle, est située sur la face ventrale du neuvième segment.
Les organes génitaux de la femelle sont situés sur la face ventrale des segments 8 et 9. Ils peuvent présenter soit un ovipositeur permettant à la femelle d’insérer ses œufs dans les tissus végétaux vivants ou morts, soit une lame vulvaire, ne permettant que le « largage » des œufs par petits groupes au dessus de l’eau en général.
Avant l’accouplement, le sperme est transféré par le mâle des organes génitaux situés au bout de l’abdomen vers les pièces copulatrices situées à sa base. C’est à cet endroit que la femelle mettra ses organes génitaux lors de l’accouplement, et formera un cœur copulatoire avec le mâle. Ce dernier maintient la femelle grâce à ses appendices anaux en forme de pince. Les œufs sont fertilisés lors de la ponte, qui s’effectue soit par la femelle seule, soit en tandem avec son partenaire qui la protège des autres mâles, susceptibles de remplacer son sperme par le leur.

Pièces copul mâle

Les quatre ailes membraneuses présentent une nervation assez complexe. Leur forme, la densité des cellules, la présence ou non de nervures longitudinales ou transversales, de champs, l’orientation de certaines cellules, la présence de tâches, la forme et la couleur du ptérostigma apportent des informations très précieuses sur l’identité d’un individu.

Ailes libellule

On rencontre souvent les libellules à proximité de points d’eau, nécessaire au développement larvaire, mais le milieu environnant doit aussi être favorable aux adultes.
Certaines espèces préfèrent des eaux courantes comme les ruisseaux ou les rivières, c’est le cas par exemple des Platycnemididae et les Gomphidae, alors que les Coenagrionidae et les Libellulidae seront aux abord des eaux stagnantes comme les mares, étangs et lacs.
Il y en a qui résistent aux assèchement des points d’eau, zone alors moins fréquentée par les prédateurs.
La présence et la structure des plantes environnantes est aussi un critère important selon les espèces, tout comme la chimie de l’eau.

Les libellules sont prédatrices et chassent à l’état larvaire et adulte. Elles se nourrissent souvent d’arthropodes, parfois même de têtards ou d’alevins pour les larves.

Les larves sont aquatiques et subissent plusieurs mues pendant leur croissance.  La durée de cette croissance varie selon les espèces et le type d’habitat (température de l’eau et disponibilité alimentaire). Elle peut durer entre 2 mois et 5 ans. Une fois la taille maximale atteinte, elle quitte l’eau, entreprend sa dernière mue puis étire ses ailes et son abdomen. Une fois son corps et ses ailes suffisamment durcis, elle prend son essor. Cela s’appelle l’émergence. Les « peaux » de larves de libellules trouvées sur la végétation s’appellent des exuvies. La libellule encore immature prend peu à peu sa coloration d’adulte au cours de la période de maturation sexuelle (de 1 à 4 semaine).

Les libellules adultes meurent après la belle saison, et passent donc l’hiver sous forme d’œuf ou de larve. Seul le genre Sympecma fait exception (du moins en Europe), ces zygoptères hibernent à l’état adulte.

Classification et liste des espèces

L’ordre des odonates est divisé en deux sous-ordres : les zygoptères et les anisoptères. Il existe un 3ème sous-ordre, les anisozygoptères qui n’est représenté que par une espèce himalayenne et une japonaise.

I/Les Zygoptères ou demoiselles se reconnaissent grâce à la base de leurs ailes postérieures qui est semblable à celle des ailes antérieures, à leurs yeux largement séparés par la tête et à leurs ailes habituellement fermées au repos. L’abdomen est allongé et fin et presque cylindrique. Leur vol est peu soutenu, malgré le fait que certaines d’entre elles peuvent parcourir de grandes distances. Ce sont toutes des « percheurs » c’est-à-dire qu’elles se tiennent habituellement posées sur un support. Ce sous-ordre comprend 4 familles en France.

1/Les Calopterygidaesont des zygoptères de grande taille. Les ailes antérieures comportent de nombreuses nervures transverses anténodales (sur le bord antérieur de la première moitié des ailes antérieures). Les ailes sont souvent colorées à rétrécissement graduel vers la base, avec de nombreuses nervures jusqu’à la base. Les mâles n’ont pas de ptérostigmas, mais les femelles ont des pseudoptérostigmas blanchâtres.

En France, il existe un genre, les Caloptéryx (Calopteryx).

Les Caloptéryx (Calopteryx) ont un corps à coloration métallique. Les mâles sont plus vivement colorés (corps et ailes) que les femelles. Au repos, l’abdomen est relevé et les ailes fermées.

Ils restent le long des cours d’eau, souvent en grands nombres. Les mâles défendent vigoureusement leur territoire. Ils attirent les femelles au cours d’une parade nuptiale aérienne. Ils se rassemblent souvent le soir en dortoir dans la végétation rivulaire.

Il y a 4 espèces en France.

Caloptéryx hémorroïdal-Domaine des oiseaux 13.07.2015

Caloptéryx hémorroïdal (Calopteryx haemorrhoidalis)

Caloptéryx vierge-Domaine des oiseaux 04.07.2015

Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo)

Caloptéryx occitan

Caloptéryx occitan (Calopteryx xanthostoma)

2/Les Lestidae ont toujours les ailes transparentes, brusquement rétrécies à la base (pétiolées) et pauvres en nervures transverses anténodales. Les ptérostigmas sont rectangulaires, non en losange. Beaucoup de cellules sont pentagonales, les rectangulaires sont minoritaires. Deux nervures longitudinales partent de la nervure qui relie l’arculus au subnodus. Le corps est généralement vert métallique et/ou couvert d’une pruine bleutée.

Il existe 2 genres en France.

a/Les Lestes (Lestes) ont un corps de couleur métallique parfois partiellement recouvert de pruine (il est à noter que la pruinosité et la coloration des ptérostigmas n’apparaissent que chez les imagos matures). Ils se reposent généralement les ailes à demi-étendues. Quand elles sont fermées, les ptérostigmas des ailes antérieures et postérieures se superposent à peu près. La bordure postérieure du pronotum est arrondie.

Ils peuvent survivre dans des points d’eau temporaires. La ponte se fait en tandem. Les œufs sont déposés dans des tissus végétaux vivants, souvent nettement au-dessus ou à distance de l’eau.

Il y a 6 espèces en France.

Leste barbare

Leste barbare (Lestes barbarus)

Leste dryade (Lestes dryas)

Leste fiancé-Färnebofjärden 05.08.2015

Leste fiancé (Lestes sponsa)

Leste vert 2

Leste vert (Lestes viridis)

b/Les Brunettes (Sympecma) ont un corps brunâtre pourvu de marques dorsales bronze sombre (verdâtres chez les immatures), en forme de torpille sur les segments 3-6. Les ptérostigmas sont brun clairs en rectangle allongé, bordés inférieurement de 2 cellules. Le ptérostigmas est nettement plus près de l’apex aux ailes antérieures qu’aux ailes postérieures. Les ailes fermées, ces ptérostigmas ne se superposent donc pas. Les ailes sont plus étroites et plus pointues et sont généralement repliées au repos. La bordure postérieure du pronotum est trilobée (deux incisions dessinent un lobe médian proéminent et deux lobes latéraux).

Ce sont les seuls odonates Européens qui hibernent à l’état imaginal. La ponte se fait en tandem, la plupart du temps dans des débris végétaux flottants.

Une seule espèce en France.

Leste brun-Domaine des oiseaux 29.04.2015

Leste brun (Sympecma fusca)

3/ Les Coenagrionidae ont typiquement les ptérostigmas en forme de losange. La majorité des cellules sont quadrangulaires. Le corps est rarement vert métallique ou pruineux. La tête est environ 2 fois plus large que longue, avec tout au plus une ligne claire en avant du vertex (ou présence de taches postoculaires). Les tibias sont fins et généralement sombres.

Il existe 6 genres en France.

a/Les Ischnures (Ischnura) se reconnaissent à leur tache caudale bleu vif contrastant avec le dos très sombre de l’abdomen. La partie inférieure des segments 3-6 est jaune. Les mâles et quelques femelles ont un ptérostigma bicolore aux ailes antérieures (sombre à la base, blanchâtre à l’apex). Les femelles ont habituellement une petite épine vulvaire sous le segment 8, à la base de l’ovipositeur.

Les femelles pondent seules.

Deux espèces en France.

Ischnure élégante-Capestang 29/30/31.05.2015

Ischnure élégante (Ischnura elegans)

Ischnure naine-Domaine des oiseaux 27.06.2015

Ischnure naine (Ischnura pumilio)

b/Les Portecoupes (Enallagma) ont des marques noires en forme de torpille sur l’abdomen pour les femelles, et les mâles ont une marque caractéristique en forme de champignon sur le segment 2. Les mâles sont bleus et les femelles brunes ou bleues. Ces dernières possèdent une petite épine vulvaire sous le 8ème segment, à la base de l’ovipositeur.

Les mâles apprécient les vastes plans d’eau où ils volent à quelques cm au-dessus de l’eau et se perchent sur les plantes flottantes.

Une espèce en France.

portecoupe-holarctique-3

Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum)

c/Les Agrions (Coenagrion) mâles sont bleus annelés de noir (les zones bleues peuvent être verdâtres ou blanchâtres). Les femelles sont vertes ou brunâtres, parfois noirâtres. Les ptérostigmas sont monochromes, ils ont des taches postoculaires arrondies, des bandes antéhumérales plus étroites que les bandes noires situées en dessous et 2 traits noirs sur le côté du thorax.

Il vole rarement éloigné de la végétation rivulaire. Il y a parfois des concentrations de tandems lors de la ponte. Les mâles se tiennent verticalement lors de la ponte.

Il y a 8 espèces en France.

Agrion hasté (Coenagrion hastulatum)

Agrion de Mercure

Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)

Agrion jouvencelle-Domaine des oiseaux 06.06.2015

Agrion jouvencelle (Coenagrion puella)

d/Les Naïades (Erythromma) ont le corps non dominé de rouge mais marqué de noir et de bleu. Les yeux des mâles sont rouges ou bleus brillants, non surmonté de noir. Les taches postoculaires sont réduites à 2 petits traits, voire absentes. La marque noire sur le 2ème segment s’étend de la base à l’extrémité de ce segment. Les mâles n’ont pas de bleu sur le 8ème segment alors que les segments 9-10 sont tout ou partiellement azurés. Les cercoïdes des mâles sont plus longs que les cerques. L’extrémité des ailes, surtout des postérieures, est très nervuré du fait de la division de plusieurs cellules. Les ptérostigmas sont relativement longs.

Les mâles se tiennent souvent à distance des berges préférant se percher sur des végétaux flottants. Le vol est rapide et direct et les déplacements se font au ras de l’eau.

Il y a 3 espèces en France.

Naïade au corps vert 4

Naïade au corps vert (Erythromma viridulum)

e/Les Nymphes (Pyrrhosoma) ont l’abdomen essentiellement rouge, elles sont dépourvues de taches postoculaires et les pattes et les ptérostigmas sont noirs. Certaines femelles noire et jaunes n’ont pas de rouge. La bande antéhumérale est caractéristique en forme de point d’exclamation.

Les mâles sont agressifs mais n’ont pas vraiment de territoire. La ponte se fait en tandem.

Il y a 1 espèce en France.

Nymphe au corps de feu-Papillons d'Amarante 21.06.2015

Nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula)

f/Les Cériagrions (Ceriagrion) n’ont pas de taches postoculaires, les pattes et les ptérostigmas sont rouges ainsi qu’une partie de l’abdomen (habituellement). La bande antéhumérale jaune est très fine, voire absente. Une arrête transversale barre la face horizontalement, en avant des antennes.

Ils volent peu et restent souvent dans la végétation, généralement à proximité immédiate de l’eau. Les mâles sont agressifs mais n’ont pas de réel territoire. La pont se fait en tandem.

Il y a 1 espèce en France.

Agrion délicat 2

Agrion délicat (Ceriagrion tenellum)

4/Les Pennipattes (Platycnemididae) se reconnaissent à leurs tibias en forme de plume, souvent clairs. La tête est très large, avec une ligne claire traversant le vertex d’un œil à l’autre. La cellule discoïdale est presque rectangulaire, généralement séparée de la nervure subnodale par 2 cellules.

Les mâles se perchent sur la végétation rivulaire. Ils cherchent les femelles en volant lentement le long des berges, puis quand ils en trouvent une, l’agrippent en se posant sur son thorax, souvent en plein vol. Le tandem se pose sur la végétation flottante pour pondre. Les couples se rassemblent souvent, parfois en grand nombre. Ils adoptent parfois une posture d’intimidation, pendant laquelle ils tendent et agitent leurs pattes en direction de l’intrus.

Il y a 3 espèces en France.

Pennipatte bleuâtre ♂

Pennipatte bleuâtre (Platycnemis pennipes)

Pennipatte orangé 2

Pennipatte orangé (Platycnemis acutipennis)

II/Les Anisoptères ou libelles se reconnaissent à la base de leur aile postérieure plus large que l’antérieure, à leurs yeux qui enveloppent la tête et se touchent généralement et à leurs ailes étalées au repos. L’abdomen peut être presque cylindrique mais il est toujours trapu. Leur vol est nettement plus soutenu que celui des Zygoptères. Elles peuvent aussi être des « percheurs », mais il y a également des « patrouilleurs » qui survolent la mare ou l’étang des heures entières en quête de femelles et de proies.

Ce sous-ordre comprend 5 familles en France.

1/Les Aeshnidae ont un abdomen généralement sombre à taches bleues. Elles sont colorées par des pigments internes et non une pruine. Les femelles ont un ovipositeur complet.

Il existe 4 genres en France.

a/Les Aeshnes (Aeshna) ont des corps sombres ornés de bandes thoraciques colorées et d’une mosaïque de taches abdominales. L’espace médian est dépourvu de nervure transverse. Les mâles ont des oreillettes latérales sur le 2ème segment  et un triangle anal composé de 2-4 cellules.

Elles chassent, parfois en nombre, dans des endroits découverts mais abrités comme les clairières, les lisières. Les mâles, agressifs, patrouillent au-dessus de l’eau et s’arrêtent parfois pour faire du sur place. Les femelles pondent seules (sauf pour Aeschna affinis).

Il y a 7 espèces en France.

Aeschne bleue

Aeschne bleue (Aeshna cyanea)

Aeschne grande-Store Mosse 19.08.2015

Aeschne grande (Aeshna grandis)

Aeschne des joncs-Stø 10.08.2015

Aeschne des joncs (Aeshna juncea)

Aeshne mixte-Domaine des oiseaux 08.11.2014

Aeschne mixte (Aeshna mixta)

b/Les Anax (Anax) ont le thorax généralement uniforme, non barré. Les mâles ont la base postérieure des ailes postérieures arrondie, non anguleuse, ils n’ont pas de triangle anal ni d’oreillettes latérales sur le 2ème segment.

Les mâles patrouillent inlassablement et se tiennent a la verticale au repos. Le mode de ponte varie selon les espèces.

Il y a 3 espèces en France.

Anax porte-selle

Anax porte-selle (Anax ephippiger)

Anax empereur 2

Anax empereur (Anax imperator)

c/ L’Aeschne velue

d/ Les Spectres (Boyeria)

2/ Les Gomphidae ont les yeux nettement séparés. Les mâles possèdent des oreillettes et un triangle anal.

a/Les Gomphes (Gomphus) sont de taille moyenne au corps jaune à verdâtre marqué de noir. La ligne médio-dorsale est quasi continue. L’aile postérieure est dépourvue de champ anal, une nervure perpendiculaire ininterrompue relie le subtriangle à la bordure postérieure de l’aile. Chez de nombreuses espèces, l’abdomen est élargi en massue. Les cercoïdes du mâle sont relativement courts et divergent nettement. La lame supra-anale bifide est à peine plus courte.

Gomphe à pattes noires-Font communal 02.05.2015

Gomphe à pattes noires (Gomphus vulgatissimus)

b/Les Ophiogomphes (Ophiogomphus)

c/Les Onychogomphes (Onychogomphus) mâles se reconnaissent facilement à leurs appendices anaux crochus en pince à sucre. Les femelles ressemblent aux gomphes. Leur abdomen est généralement noir annelé de jaune, et leur thorax jaune rayé de bandes noires. Les mâles se pose,t souvent sur des bancs de galets ou de graviers, dressant leur abdomen.

Onychogomphe à pinces-Domaine des oiseaux 13.07.2015

Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

3/Les Cordulegastridae ont les yeux qui se touchent en 1 point. L’écaille vulvaire est pointue, en forme d’ovipositeur et dépasse l’extrémité de l’abdomen.

Il existe 1 genre en Europe.

-Les Cordulégastres (Cordulegaster) sont de grandes libellules de couleur noire et jaune.

Ils se reproduisent dans des sources ou des ruisseaux permanents où les larves se développent en 3 à 7 ans. Les mâles patrouillent bas au-dessus de l’eau, souvent lentement, à la recherche de femelles. Les femelles ne s’approchent des ruisseaux que pour l’accouplement et la ponte. Pour déposer leurs œufs, elles volent sur place au-dessus d’une fine pellicule d’eau, le corps vertical, piquant son ovipositeur dans le substrat de façon répétée. Une femelle peut accomplir ce mouvement jusqu’à 500 fois et rester près de 15 min au même endroit. Elle évite alors les mâle et se dissimule sous la végétation.

Cordulégastre annelé-Domaine des oiseaux 14.07.2015

Cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii)

4/Les Corduliidae

a/Les Cordulies (Cordulia)

b/Les Chlorocordulies (Somatochlora)

Cordulie métallique (Somatochlora metallica)

c/Les Épithèques (Epitheca)

d/Les Oxycordulies (Oxygastra) comptent une seule espèce en Europe. Le mâle possède une crête longitudinale claire sur la partie supérieure du segment 10. La face est entièrement sombre et le champ anal est en forme de sac.

e/Les Macromies (Macromia)

5/Les Libellulidae ont souvent l’abdomen rouge ou recouvert d’une pruine bleuâtre. Les mâles n’ont pas de triangle anal ni d’oreillette.

Il y a 6 genres en France.

a/Les Libellules (Libellula) sont des odonates robustes avec l’abdomen élargi. Elles ont le front tout au plus brillant dorsalement, sans reflets métalliques. Elles ont des taches triangulaires sombres à la base des ailes postérieures, traversées par des nervures claires.

Les mâles sont agressifs et chassent leurs concurrents d’un vol rapide. Les femelles en ponte sont généralement gardiennées par les mâles (L.fulva et probablement L.pontica pondent seules).

Il existe 3 espèces en France.

Libellule déprimée 2

Libellule déprimée (Libellula depressa)

Libellule fauve-Domaine des oiseaux 05.07.2015

Libellule fauve (Libellula fulva)

b/Les Orthétrums (Orthetrum) mâles ont généralement l’abdomen qui se couvre d’une pruine bleu-gris. Les ailes sont claires à la base (tout au plus teintées de jaune). Ils possèdent 10-14 nervures antédonales.

Ils sont très actifs et se posent souvent au sol ou sur des pierres. Le mâle gardienne la femelle durant la ponte en volant sur place au-dessus d’elle et en chassant tout éventuel rival.

Il y a 4 espèces en France.

Orthétrum à stylet blanc 3

Orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum)

Orthétrum brun-Domaine des oiseaux 27.06.2015

Orthétrum brun (Orthetrum brunneum)

Orthétrum réticulé

Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum)

Orthétrum bleuissant-Domaine des oiseaux 04.07.2015

Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens)

c/Les Leucorrhines (Leucorrhinia)

Leucorrhine douteuse (Leucorrhinia dubia)

d/Les Sympétrums (Sympetrum) sont de coloration rougeâtre (à l’exception d’une espèce noire). Les marques noires sont variables mais il y a généralement au moins quelques lignes aux sutures thoraciques, aux pattes et sur l’abdomen. La base de l’aile postérieure est hyaline, ambre ou jaune. Le champ discoïdal est composé de 3 rangées de cellules à la base, se rétrécissant en direction de la bordure de l’aile.

Ils se perchent sur une tige en évidence d’où ils effectuent de courts vols pour chasser un rival ou attraper une proie. Ils défendent un petit espace privé plutôt qu’un territoire. La ponte commence toujours en tandem mais le mode de vol et le choix du site diffèrent selon les espèces.

Il y a 9 espèces en France.

Sympétrum noir-Store Mosse 19.08.2015

Sympétrum noir (Sympetrum danae)

Sympétrum sanguin-Källstorp 21.08.2015

Sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum)

e/Les Crocothémis (Crocothemis) mâles matures sont écarlates à l’exception de la partie inférieure des yeux qui est bleue. Les deux sexes sont presque dépourvus de noirs mis à part une fine ligne médiodorsale sur l’abdomen. Les pattes sont rouges, les ptérostigmas sont grands et clairs. La base de l’aile postérieure possède une tache safranée.

Les mâles défendent leur territoire par de petits vols rapides à partir de leur perchoir d’observation. La ponte ne se fait pas en tandem, mais le mâle gardienne la femelle lors de celle-ci.

Il existe 1 espèce en France.

Crocothémis écarlate-Domaine des oiseaux 19.07.2015

Crocothemis écarlate (Crocothemis erythraea)

f/Les Trithémis (Trithemis) mâles sont vivements colorés. L’aile antérieure possède 9et-demi/12et-demi nervures anténodales.

Les mâles se perchent en évidence au bord de l’eau, chassant tout intrus avec agressivité. Ils se perchent les ailes rabaissées et l’abdomen pointé vers le soleil.

Il existe 1 espèce en France.

Trithémis annelé

Trithémis annelé (Trithemis annulata)

Glossaire

Andromorphe : Femelle arborant une coloration de mâle. Syn : homéomorphe. Ant : hétéromorhe.
Antéclypéus : Cf. Clypéus.
Anténodales (nervures transverses) : Nervures transverses situées dans la partie antérieure des ailes, entre le nodus et la base. Abrév : Nta.
Apex : Pointe, extrémité d’un organe. Ant : Base.
Apical : Situé à la pointe, à l’extrémité. Ant : Basal.
Appendices anaux : Pièces situées à l’extrémité de l’abdomen. Ceux du mâle se composent supérieurement d’une paire de cercoïdes et inférieurement d’une paire de cerques (zygoptères) ou d’une lame supra-anale (anisoptères). La femelle ne possède que des cercoïdes.
Arculus : Nervure transverse épaisse, en forme de virgule, située dans la partie centro-basale de l’aile. Abrév : Arc.
Bande antéhumérale : Bande claire située sur le thorax, antérieurement à la suture humérale.
Bande humérale : Bande noire située sur la suture humérale du thorax.
Bande interpleurale : Bande noire du thorax située sous la suture humérale.
Bande métapleurale : Bande sombre située sur la suture métapleurale (Syn : métahumérale), la plus ventrale et la plus postérieure du thorax.
Basal : Situé à ou près de la base. Ant : Apical.
Carène : Saillie longitudinale sur le thorax ou l’abdomen.
Carène dorsale : Saillie qui parcourt longitudinalement la partie supérieure de l’abdomen.
Carène latérale : Saillie longitudinale courant le long des côtés de l’abdomen, séparant les parties supérieures et inférieures.
Carène médiodorsale : Suture en saillie de la partie supérieure du thorax, qui sépare les côtés droit et gauche.
Catadioptre : Zone vivement colorée située sous les derniers segments abdominaux des Calopterygidae.
Cellule discoïdale : Cellule(s) proche(s) de la base de l’aile, en forme de triangle chez les anisoptères et de quadrilatère chez les zygoptères.
Cercoïdes : Appendices anaux supérieurs.
Cerques : Appendices anaux inférieurs.
Champ anal : Champ de cellules situé près de la base des ailes postérieures des anisoptères. Sa forme est définie par une nervure qui part près de l’angle postérieur de la cellule discoïdale et se termine près de la base de l’aile.
Champ discoïdal : Groupe de cellules qui s’étend distalement de la cellule discoïdale vers la bordure postérieure de l’aile.
Clypéus : Partie médiane de la face, située entre le front et le labre, constituée de l’antéclypéus (partie antérieure et inférieure) et du postclypéus (supérieure et postérieure).
Costale : Nervure épaisse, située sur le bord d’attaque de l’aile (bord antérieur) reliant la base à l’apex.
Coxa : Segment qui relie la patte au thorax.
Cubitales (nervures transverses) : Nervures transverses de l’aile, situées entre le triangle et la base. Abrév : Ntc.
Denticulé : Qui porte des denticules.
Denticules : Petites dents couvrant une partie du corps ou un organe.
Diapause : Arrêt du développement qui constitue généralement une réponse anticipée à l’émergence de conditions environnementales défavorables.
Distal : Partie la plus éloignée d’un point de référence. Ant : Proximal.
Émergence : Période où la larve de libellule quitte l’eau, mue et se transforme en imago volant.
Épine vulvaire : Chez certaines femelles de zygoptères, épine située sous S8, à la base de l’ovipositeur.
Espace médian : Champ alaire situé entre la base et l’arculus, dénué de nervures transverses chez tous les anisoptères, à l’exception de quelques Aeshnidae.
Estivation : Modification d’activité chez l’imago favorisant sa survie en période estivale (déplacement vers des zones plus fraichespar ex.). Ant : Hibernation. Cf. Siccatation.
Exuvie : Dépouille larvaire.
Expansion foliacée : Élargissement latéral des derniers segments abdominaux.
Fémur : Segment long et relativement épais de la patte, situé entre la coxa et le tibia.
Forme : Ensemble d’individus qui, au sein d’une population, présente une particularité, de coloration par ex.
Front : Partie de la tête, support des antennes, située entre le vertex et le clypéus.
Gynomorphe : Cf. Hétéromorphe.
Hameçon : Organe d’accrochage des pièces copulatrice, bien visibles chez les Libellulidae.
Hétéromorphe : Femelle à coloration terne, typique de son sexe. Syn : Hétérochrome, gynomorphe. Ant : Andromorphe.
Homéomorphe : Cf. Andromorphe.
Hyalin : Transparent. Ant : Opaque.
Imago : Insecte volant.
Labium : Structure recouvrant les mandibules.
Labre : Partie inférieure de la face, recouvrant les mandibules, située sous le clypéus.
Lame supra-anale : Appendices anaux inférieurs des anisoptères, parfois divisés en deux lobes.
Lame vulvaire : Organe femelle situé sous S8 en forme de lèvre, de bec verseur ou de goulotte par où sortent les œufs. Remplacé par un ovipositeur chez les espèces insérant leurs oeufs dans des tissus végétaux.
Lamina antérieure : Structure transversale des pièces copulatrices du mâle, située antérieurement à l’hameçon.
Lobe pénien : Expansion ventrale saillante de S2 située postérieurement à l’hameçon.
Maturation : Période postérieure à l’émergence où l’imago n’est pas encore mature sexuellement. Durant la période de maturation, les insectes s’éloignent généralement des sites de reproduction.
Médiane supplémentaire : Nervure longitudinale de l’aile des anisoptères dont l’origine et l’extrémité ne sont pas clairement définies, située centralement, à hauteur du nodus. Abrév : Mspl.
Membranule : Membrane subtriangulaire opaque située dans la partie postérieure de la base des ailes des anisoptères, plus large et plus visible aux ailes postérieures.
Métastigma : Orifice respiratoire situé sur le côté du thorax, antérieurement à la suture métapleurale.
Mspl : Cf. Médiane supplémentaire.
Nodus : Renforcement du bord antérieur de l’aile, situé environ à mi-distance entre la base et le ptérostigma.
Nta : Cf. Anténodales (nervures transverses).
Ntc :Cf. Cubitales (nervures transverses).
Ntp : Cf. Postnodales (nervures transverses).
Occiput : Partie supérieure de la tête située entre ou derrière les yeux, marquée parfois de taches postoculaires.
Ocelle : Organe photosensible à l’apparence d’œil. Les odonates ont 3 ocelles sur le vertex entre ou en avant des yeux.
Oreillettes latérales : Expansions latérales de S2, présentes chez les mâles de certains anisoptères.
Ovipositeur : Organe femelle situé sous les derniers segments abdominaux des zygoptères et des anisoptères, utilisé lors de la ponte pour introduire les œufs dans des tissus végétaux (remplacé chez certaines espèces par une lame vulvaire).
Pièces copulatrices : Organes de stockage et de transfert du sperme, situés sous le deuxième segment abdominal des mâles. Le transfert du sperme des organes génitaux vers les organes copulatoires permet au mâle de maintenir la femelle tout en la fécondant.
Postclypéus : Cf. Clypéus.
Postdonales (nervures transverses) : Nervures transverses situées le long de la bordure antérieure de l’aile entre le nodus et le ptérostigma. Abrév : Ntp.
Pronotum : Plaque qui recouvre le prothorax et dont la forme est diagnostique chez beaucoup de zygoptères.
Prothorax : Partie antérieure du thorax, reliée à la tête et portent les pattes antérieures.
Proximal : Qui est le plus près du corps ou d’un point de référence. Ant : Distal.
Pruine : Fine pellicule cireuse grise ou bleuâtre qui couvre tout ou une partie du corps de certains odonates matures. Syn : Pruinosité.
Pruineux : Couvert de pruine.
Pruinosité : Cf. Pruine.
Pseudoptérostigma : Remplace le ptérostigma chez les femelles de Calopteryx. En diffère par la présence de nervures transverses.
Pt : Cf. Ptérostigma.
Ptérostigma : Zone épaisse, opaque et souvent sombre située sur le bord antérieur de l’aile, près de l’extrémité. Abrév : Pt.
Quadrilatère : Cf. Cellule discoïdale.
Radiale supplémentaire : Nervure longitudinale de l’aile des anispotères dont l’origine et l’extrémité ne sont pas clairement définies, située centralement, dans la moitié apicale de l’aile. Abrév : Nrs.
Rspl : Cf. Radiale supplémentaire.
S : Abréviation de segment abdominal.
Selle : Marque colorée située sur S1-2 de certains anisoptères.
Siccatation : Modification de l’activité de l’imago favorisant sa survie en période sèche (réduction de l’activité sexuelle par ex.).
Sub- : Préfixe exprimant la proximité ou la situation en dessous : subbasal signifie près de la base, subnodus signifie sous le nodus.
Subnodus : Nervure oblique qui prend son origine au nodus.
Subtriangle : Champ alaire, généralement de forme triangulaire, composé d’une ou plusieurs cellules, situé à la base du triangle de l’aile antérieure de certains anisoptères.
Suture : Ligne faisant la jonction de diverses parties du corps.
Tache caudale : Zone vivement colorée, située supérieurement près de l’extrémité de l’abdomen.
Taches postoculaires : Paire de marques claires située en arrière de la tête (occiput) présentes chez beaucoup de zygoptères.
Tandem : Formation d’appariement entre un mâle et une femelle d’odonates. Les appendices anaux du mâle aggripent la femelle à la tête ou au prothorax.
Tarse : Groupe de petits segments situés à l’extrémité de la patte, inférieurement au tibia.
Ténéral : Qualifie un imago fraichement émergé, encore mou et brillant, dépourvu de la coloration typique des individus matures.
Tibia : Segment long et relativement fin de la patte, situé entre le fémur et le tarse.
Triangle : Cf. Cellule discoïdale.
Triangle anal : Champ triangulaire de 2 cellules ou plus, bordant la membranule, à la base des ailes postérieures de nombreux anisoptères.
Triangle occipital : Partie postérieure de l’occiput (arrière de la tête), située en retrait des yeux des anisoptères.
Triangle subnodal : Espace triangulaire allongé situé sur le côté basal du subnodus.
Vertex : Partie supérieure de la tête circonscrite par les ocelles.

Sources :

Guide des libellules de France et d’Europe, Les guides du naturaliste
http://www.libellules.org/insectes/libellules-agrions-demoiselles.html
http://moineaudeparis.com/
http://www.nature22.com/odonates22/index.html

3 réflexions sur “ODONATES (libellules)

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